Les mercredi 21 et jeudi 22 janvier 2026, s'est tenu à la Cour d’Appel de Reims le procès en appel de l’affaire des « Vendanges de la honte » (2023). En septembre 2023, des vendangeurs avaient été recrutés à Paris avec de fausses promesses, puis, hébergés dans des locaux insalubres, privé de sanitaires dignes de ce nom, transportés entassés à l’arrière de camionnettes, sans sièges ni ouvertures, sans équipement de protection, nourris d’un simple sandwich et contraint de travailler plus de dix heures par jour.
En première instance, les prévenus ont été condamnés à des peines allant de deux ans d’emprisonnement avec sursis à quatre ans de prison ferme pour la principale accusée. Une décision courageuse, à la hauteur de la gravité des faits.
Les « vendanges de la honte » jugées en appel pendant deux jours à Reims
Un an après un premier verdict retentissant, l’affaire dite des « vendanges de la honte » revient devant la justice à Reims ces mercredi 21 et jeudi 22 janvier 2026. Pendant deux jours, la cour d’appel examinera un dossier d’esclavage moderne qui a mis en lumière, à l’automne 2023, l’exploitation de travailleurs étrangers sans-papiers, hébergés à Nesle-le-Repons.
Par Isabel Da SilvaJournaliste à ÉpernayTemps de lecture: 3 min
Le premier jugement avait été prononcé en juillet 2025 à quelques semaines des vendanges, ramenant la triste affaire des « vendanges de la honte » sur le devant de la scène judiciaire. Par un curieux hasard de calendrier, le procès en appel se tient à Reims les 21 et 22 janvier 2026, en pleine fête de la Saint-Vincent, célébration du saint patron des vignerons.
La cour d‘appel de Reims va se pencher durant deux jours sur l’affaire d’esclavage moderne qui a ébranlé la Champagne au cours de la récolte 2023. À Nesle-le-Repons, non loin de Dormans à la frontière avec l’Aisne, l’inspection du travail accompagnée des gendarmes, procède au contrôle d’un hébergement de vendangeurs, signalé par des habitants de la commune viticole. Cette bâtisse est utilisée par la société Anavim, société de prestations viticoles.
Les inspecteurs y découvrent une soixantaine de travailleurs étrangers, la plupart en situation irrégulière, hébergés dans des conditions indignes, notamment des douches de fortune, pas d’eau chaude et le non-respect des normes électriques. Après plusieurs mois d’enquête, la société Anavim et sa gérante Svetlana Goumina, ainsi que deux hommes, Témuri Muradian et Abdoulaye Camara, les recruteurs des vendangeurs, sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne pour traite d’êtres humains. La coopérative Sarl Cerseuillat de la Gravelle qui a fait appel à la société, est aussi mise en cause pour avoir eu recours aux services d’une personne exerçant un travail dissimulé.
Appel des prévenus et de certaines parties civiles
Ils ont été condamnés en première instance à de la prison ferme. Seule la gérante, condamnée à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme, a été incarcérée en août 2025. Témuri Muradian a été condamné à trois ans d’emprisonnement dont un ferme et Abdoulaye Camara à deux ans dont un ferme. De fortes amendes de 3 000 à 20 000 euros ont été prononcées contre les mises en cause mais aussi contre la coopérative Sarl Cerseuillat de la Gravelle qui a écopé de 75 000 euros d’amende. Considéré comme un jugement exemplaire par nombre d’observateurs, il a été contesté par les prévenus et par plusieurs parties civiles.
Contrairement à la première audience où les débats avaient été contenus sur une journée avec une mise en délibéré tard dans la soirée du 21 juillet 2025, la cour d’appel de Reims a d’ores et déjà prévu deux jours de procès.