Le bilan historique d’Invest in Reims fait état d’environ 11 000 emplois annoncés, 320 à 330 entreprises accompagnées et plus d’un milliard d’euros de retombées économiques depuis sa création en 2003 jusqu’à sa disparition en 2021.
https://www.reims.fr/fileadmin/reims/MEDIA/Publications/RA-359-juin_2021.pdf
Lors du CST du 1er octobre 2026, l'UFICT-CGT avait posé une question relative au projet de création d'une agence d'attractivité économique du Grand Reims.
Ce quelques années seulement après la dissolution irrationnelle d'Invest In Reims (dissolution contre laquelle s'était élevée l'UFICT), l'agence de développement du Grand Reims, dont une partie du personnel a été intégrée à la direction du développement économique du Grand Reims.
La réponse de l'employeur n'apporte aucune information aux agents et cadres concernés: "Une étude d’opportunité est actuellement en cours.Ses conclusions seront soumises aux élus afin qu’ils puissent procéder aux arbitrages nécessaires. Les décisions prises seront ensuite présentées aux agents. En fonction des orientations retenues, une démarche de travail pourra être engagée, le cas échéant, en collaboration avec les agents".
Ce que l'UFICT peut dire c'est que l'étude d'opportunité a été réalisée par le CNER - fédération des agences de développement économique pour 25 000 € (Un an de salaire d'un agent de catégorie C avec cotisations sociales incluses).
L'étude du CNER indique qu'une telle agence couterait a minima 3,5 millions d'euros avec une douzaine à une quinzaine d'agents et cadres.
En observant l'existence d'Invest Eastern France, de Marne Développement, la future agence d’attractivité et du tourisme de la Marne, de la CCI, de l'Agence d'urbanisme, Initiative Marne Pays Rémois et les réseaux d’accompagnement, de Reims Business, de Reims Legend'r, ainsi que la volonté de l’État de rationaliser le nombre ses opérateurs publics (Agence), le territoire rémois a-t-il besoin d’une nouvelle structure, ou plutôt d’une meilleure coordination des organismes qui existent déjà ?
1. La cartographie des acteurs renforce le doute sur la nécessité d’une nouvelle agence
À l’échelle régionale
Grand Est Développement — Invest Eastern France
Prospection et implantation internationales
Invest Eastern France est une offre de Grand Est Développement destinée notamment aux entreprises étrangères qui souhaitent s’implanter dans le Grand Est. Elle permet de présenter les sites d’accueil, les filières industrielles et les atouts régionaux.
À l’échelle départementale
Marne Développement Développement des entreprises et coordination des partenaires
Cette agence collective réunit la Région, le Département, la CCI, la Chambre de métiers et les intercommunalités marnaises. Elle accompagne les entreprises industrielles et tertiaires, mobilise les financements et les expertises et facilite les implantations. Elle dispose également d’un site à Bezannes.
Il s'agit de l'agence de développement économique dédiée au département de la Marne (mise en place en 2019), qui regroupe de nombreux acteurs publics et partenaires (Région Grand Est, Conseil départemental, CCI Marne Ardennes) pour accompagner et dynamiser les entreprises.
À l’échelle départementale, tourisme et attractivité Agence de développement touristique de la Marne — ADT 51 Évolution vers une agence d’attractivité et du tourisme
La stratégie 2026-2028 prévoit une transformation de l’ADT en une agence d’attractivité couvrant un périmètre plus large que le tourisme seul, avec une marque territoriale et une ambition de rayonnement renforcée.
À l’échelle de l’agglomération
La CCI, l'Agence d'urbanisme, Initiative Marne Pays Rémois et les réseaux d’accompagnement, Reims Business, Reims legend'r.
Les périmètres ne sont pas identiques, mais les missions se recoupent sur plusieurs sujets :
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la prospection et l’accueil des investisseurs ;
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la promotion économique du territoire ;
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l’identification des terrains et locaux disponibles ;
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l’accompagnement des entreprises et la mobilisation des partenaires ;
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le marketing territorial et le rayonnement de la Marne.
Il ne faut donc pas conclure que ces agences font exactement le même travail. En revanche, il existe un risque de chevauchement qui justifie un examen précis des missions, des budgets et des résultats avant de créer une structure supplémentaire.
2. La transformation de l’ADT 51 créera un doublon
La transformation annoncée de l’ADT en agence d’attractivité et du tourisme de la Marne mérite une attention particulière.
L'ADT de la Marne amorce une transition pour se métamorphoser en une véritable Agence d'attractivité dans le cadre d'une stratégie globale (2026-2028).
Au-delà du simple tourisme, l'agence vise désormais à attirer de nouvelles populations, des résidents et des porteurs de projets, tout en s'appuyant sur une marque territoriale forte.
Le projet rassemble élus, techniciens, administrateurs et professionnels du tourisme (notamment présenté par le Département de la Marne et sa présidence).
Si cette nouvelle agence intervient aussi sur l’attractivité économique, l’image territoriale et la mise en réseau des acteurs, elle devra articuler son action avec Marne Développement et avec Reims Business.
Deux orientations seraient possibles :
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Une organisation coordonnée : chaque organisme conserve son cœur de métier, avec des objectifs communs, des conventions de coopération et une répartition explicite de la prospection et de la communication.
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Une organisation plus intégrée : certaines fonctions transversales, notamment la promotion du territoire, les études et la communication, sont mutualisées, tout en maintenant l’accompagnement économique de proximité au Grand Reims.
La création d’une nouvelle agence rémoise risquerait d’ajouter un quatrième niveau de coordination sans résoudre ces questions.
3. La politique de l’État va dans le sens de la rationalisation
Ce contexte national renforce la nécessité d’interroger la pertinence d’une nouvelle structure.
En mai 2025, le gouvernement envisageait la suppression, la fusion ou la réorganisation d’une partie de ses agences et opérateurs, avec un objectif d’économies annoncé de 2 à 3 milliards d’euros à l’horizon 2027.
En mars 2026, le débat se poursuivait. Le nombre d’opérateurs de l’État était passé de 434 en 2025 à 431 en 2026, et de nouvelles mesures de mutualisation ou de fusion étaient préparées pour 2027.
Pourquoi créer une nouvelle structure locale sans avoir préalablement démontré que les organismes existants ne peuvent pas répondre au besoin ?
4. Synthèse
Le problème n’est pas de savoir s’il faut promouvoir Reims et attirer des entreprises : cet objectif est légitime. Il est de déterminer quelle organisation permet de le faire efficacement, sans multiplier les structures, les dépenses de fonctionnement et les responsabilités croisées.
Le territoire dispose déjà d’un dispositif à trois échelles : régionale avec Invest Eastern France, départementale avec Marne Développement et la future agence d’attractivité de la Marne, et intercommunale avec Reims Business et Reims Légend’R.
Dans ce contexte, une nouvelle agence ne devrait être envisagée qu’après une étude comparative démontrant sa valeur ajoutée. À défaut, la priorité devrait être la coordination des acteurs existants, la clarification de leurs responsabilités et l’évaluation transparente de leurs résultats.
La question de fond pourrait se résumer ainsi : avant de créer une nouvelle agence d’attractivité, le Grand Reims ne devrait-il pas démontrer pourquoi les structures déjà financées par l’argent public ne suffisent pas ?
Les personnels
Pour les personnels de la direction du développement économique, plusieurs éléments devraient être clarifiés avant toute décision :
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Le devenir de chaque poste : maintien, réaffectation, transfert ou suppression effective de l’emploi.
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Le devenir des missions : identifier celles qui restent au Grand Reims et celles qui seraient confiées à des partenaires.
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Les conditions de mobilité : fonctions proposées, niveau de responsabilité, rémunération, lieu de travail et régime indemnitaire.
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La situation des contractuels : nature du contrat, ancienneté, motif de recrutement, clauses contractuelles et éventuelles possibilités de reclassement.
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Le dialogue social : information des agents, consultation du comité social territorial lorsque requise et examen des conséquences sur les conditions de travail.
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