Partenariats, enquêtes, Albert… Les nouveautés sur l’IA dans la fonction publique territoriale
Chiffres-clés
En 2025, trois collectivités sur quatre (77 % des collectivités de plus de 3 500 habitants) avaient déjà engagé un projet IA ou s’apprêtaient à le faire. Source : Baromètre Observatoire Datapublica 2024 - 2025
Le gouvernement veut passer à la vitesse supérieure sur le numérique et l’intelligence artificielle (IA). Il va détailler prochainement sa nouvelle stratégie en la matière.
L’outillage et l’accompagnement des agents publics, « la partie immergée de l’iceberg », va s’accélérer, promet l’entourage du ministre en charge de la Fonction publique, David Amiel. Les 9 février, 7 avril et 24 juin prochains doivent se tenir les premières réunions de l’année du groupe de travail sur le sujet avec les syndicats et employeurs publics.
Discussions avec la Banque des territoires
Plusieurs changements sont opérés cette année. Tout d’abord, la direction interministérielle du numérique (Dinum) va connaître « une inflexion et un repositionnement » pour se limiter au rôle d’architecte technique de l’État. Elle sera la garante des standards techniques, de la mutualisation et des règles de partage des données.
L’État veut entrer ensuite dans une phase « d’industrialisation » de l’agent conversationnel ou « assistant IA », testé par 10 000 agents ministériels depuis octobre 2025. L’idée est de détourner les agents du « shadow IA ». Un bilan d’étape sera bientôt réalisé.
Concernant l’ouverture de cet agent conversationnel de l’État à l’ensemble des agents de la fonction publique qui avait été annoncée, le sujet fait l’objet de « discussions » avec la Banque des territoires pour la FPT, selon le ministère. Une certitude : rien de concret n’aboutira avant l’arrivée des nouvelles équipes municipales au printemps.
Pas de disparition totale pour Albert
L’outil d’intelligence artificielle générative Albert, développé en interne par l’administration française et expérimenté dans 48 maisons France Services, ne sera pas généralisé « dans sa forme actuelle », le gouvernement lui préférant Mistral. Plusieurs organisations syndicales avaient relevé des dysfonctionnements techniques et des erreurs dans les réponses.
Albert ne disparaît pas pour autant. En réalité, la majorité des projets expérimentaux regroupés sous la marque Albert, comme API « multiprise », sont désormais pérennisés et pleinement opérationnels, assure l’entourage de David Amiel.
Sondages
En octobre dernier , la CFDT alertait sur « les promesses faciles » de l’IA, et rappelait que « les “gains de productivité” et le “temps libéré” n’ont de sens que mesurés et réaffectés à des missions à forte valeur humaine (accueil, relation usagers, expertise) ». Elle dénonçait une approche jusqu’ici « trop techno-centrée qui ignorerait la complexité administrative, la dégradation des services en territoires périurbains et ruraux et… la santé au travail, grande absente [du groupe de travail sur l’IA, ndlr.] alors qu’elle doit entrer de plain-pied dans le Plan santé au travail (PNST) 2025-2028 ».
Début janvier, l’Observatoire syndical de la Fonction publique territoriale (OSFPT) a fait savoir qu’il lançait un questionnaire portant sur le déploiement de l’intelligence artificielle et son appropriation par les agents territoriaux. Les enseignements de ce sondage appuieront la contribution de l’observatoire, intitulée « l’IA, révélateur des mutations de la Fonction publique territoriale », présentée lors du colloque « l‘avenir du travail au prisme de la numérisation » de l’Institut syndical européen indépendant de recherche et de formation de la Confédération européenne des syndicats (ETUI), les 10 et 11 février à Bruxelles.
L’Ufict-Cgt des Services publics avait mené sa propre enquête, en mai dernier, auprès de plus de 9 000 ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise (Ictam) de la FPT. 57 % des répondants n’avaient aucune information concernant l’utilisation de l’IA au sein de leur collectivité et seuls 12 % ont vu ce sujet abordé en comité social territorial.
Focus
Bientôt une circulaire sur l’achat public numérique
Une circulaire de clarification de la doctrine d’achat public numérique verra bientôt le jour. En effet, l’État s’est récemment fait reprocher de choisir des éditeurs sans mise en concurrence préalable lors de la signature du partenariat avec Doctrine (rédaction et aide juridique assistée par l’IA).
Cet article est en relation avec les dossiers