Rapport annuel 2026 sur l'état du sexisme en France, porté par le Haut Conseil à l'Egalité.
Si celui-ci est consacré à la menace masculiniste, on y apprend toutefois des informations utiles sur le monde du travail.
💡1/Le travail est le 1er espace où les inégalités sont les plus marquées pour les femmes, avant la rue ou les transports (H et F cumulés, la rue et les transports sont n°1)
💡 2/La moitié des femmes (49%) "déclarent avoir été confrontées à des discriminations au travail, ce qui rejoint le sentiment partagé de 72% de la population selon lequel les femmes sont moins bien traitées de manière générale".
💥 À la lecture du rapport, ce qui me frappe est que le constat de l'existence des inégalités est largement partagé par les hommes et les femmes. Aujourd'hui, ces inégalités font presque consensus.
🗣️Mais ce qui change, c'est la naturalisation de ces inégalités, la manière dont on les justifie, ce qu'on trouve "normal" ou "acceptable". Par ex: 68% des personnes interrogées estiment qu'il est "normal" que les femmes interrompent plus longtemps leur activité professionnelle après la naissance d'un enfant, pérennisant une répartition genrée des tâches et des rôles.
⚠️ Le retour en arrière est dans cette subtilité et s'explique (en partie) par la montée du masculinisme : plus de 18% des hommes croient que "les femmes prennent les postes des hommes sur le marché du travail", une idée liée à la théorie du remplacement masculin, qui ne cesse de proliférer.
Un an après avoir constaté une forte polarisation de la société sur les questions d’égalité et de sexisme, le rapport 2026 sur l’état des lieux du sexisme en France attire l’attention sur une dynamique préoccupante : certaines expressions de sexisme hostile ne relèvent plus seulement de pratiques individuelles isolées, mais s’inscrivent dans des logiques d’adhésion et de mobilisations idéologiques collectives.
Le baromètre 2026 du HCE s’appuie sur une enquête Toluna Harris Interactive conduite en ligne auprès de 3061 personnes âgées de 15 ans et plus, représentative de la population française. Le questionnaire a été enrichi de questions ciblées permettant d’évaluer l’adhésion aux thèses masculinistes. Ce rapport a été mené, piloté et rédigé par la commission « Stéréotypes et rôles sociaux » du HCE, co-présidée par Muriel Reus et Pascal Huguet, accompagnés par Didier Chavrier et Céline Piques, corapporteur et corapportrice.
Le rapport identifie deux formes de sexismes, le sexisme paternaliste et le sexisme hostile. Le sexisme paternaliste est un sexisme faussement bienveillant du quotidien qui légitime une répartition hiérarchisée des hommes et des femmes. Le sexisme hostile est un sexisme violent, se traduit par une hostilité envers les femmes et peut inclure des attitudes agressives ou dévalorisantes.
Quelques chiffres :
-
Pour le sexisme paternaliste, on compte environ 7,5 millions d’hommes et 5 millions de femmes : les hommes sont majoritaires, mais les femmes véhiculent elles aussi ces normes.
-
En France, 17% des personnes de 15 ans et plus, soit près de 10 millions de personnes, adhèrent au sexisme hostile.
-
La question de l'âge : plus l’âge augmente, moins le sexisme est perçu comme un problème social. Chez les jeunes, l’écart entre femmes et hommes est très élevé, mais il se réduit avec l’âge parce que la reconnaissance globale des discriminations recule.
Le rapport souligne également que les réseaux sociaux apparaissent comme des espaces de cristallisation et d'amplification des discriminations et des violences faites aux femmes et minorité de genre. Il identifie le cybersexisme comme la première forme de discours de haine en ligne, avec 84 % de victimes qui sont des femmes.
Enfin, le HCE est la première institution publique française à consacrer, dans le cadre de son rapport annuel, une analyse spécifiquement dédiée aux masculinismes. Il s'agit d'un système idéologique structuré qui imprègne désormais les jeunes générations par un bombardement massif de contenus numériques. Les adultes ne sont pas épargnés par la diffusion des discours masculinistes, qui peuvent légitimer le passage à l’acte, banaliser des violences et, dans ses formes les plus extrêmes, aller jusqu’à l’apologie du viol et du meurtre. C’est une menace à d’ordre public et un enjeu de sécurité nationale.
Le Haut Conseil à l’Egalité formule donc 25 recommandations, et parmi elles :
-
Rendre les séances d’EVARS obligatoires et donner un cadre et des moyens pour les appliquer.
-
Renforcer les contrôles de l’ARCOM et de PHAROS et créer une catégorie autonome “masculinisme” dans les signalements pour suivre le phénomène.
-
Rendre transparent les algorithmes afin de redonner aux utilisateurs le contrôle de leur expérience en ligne.
-
Intégrer le "terrorisme misogyne" dans les doctrines de sécurité.
-
Confier au Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes (HCE), avec des moyens humains et financiers dédiés, la mission d'Observatoire national du masculinisme et des radicalisations sexistes.
Documents liés
/image%2F7007800%2F20260125%2Fob_714753_1768995329320.jpg)